Agression du “jeune juif”, quand la presse s’y met.
Seuls ceux qui n’ont pas allumé une télévision ou une radio ou qui ne lisent pas les journaux ou les brèves sur Internet n’ont pas entendu parler du lynchage d’un jeune de 17 ans dans le XIXème arrondissement de Paris. Ce qu’il faut évidemment préciser, c’est que ce jeune, qui a été plongé dans un coma artificiel, est de confession juive.
Depuis dimanche dernier, je parcours les brèves diffusées sur les sites de Libération, du Monde, du Parisien, du Figaro, etc, et je suis passé par différents états : dégoût, colère, surprise, fatalisme. Pas seulement à cause de l’histoire en elle-même, mais aussi à cause de tous ces articles.
Dès dimanche, la victime était devenue “le jeune juif” ou simplement “le juif”. Il y a quelques jours, je trouvais incroyable qu’on donne le surnom de “femme tronc” au corps retrouvé dans une valise, ou encore celui de “l’enfant du lac” pour le garçon de huit ans jeté dans un lac. Avec cette affaire, ça ne fait que continuer. Rudy H est donc “le jeune juif”.
Le fait que ce jeune soit de confession juive a son importance, et la majorité des personnes interrogées au sujet de cette agression ne laissent planer aucun doute : il s’agit d’une agression antisémite. Le mot est lâché et les faux-culs, les politiques (utilisé péjorativement) et les autres commencent à s’indigner et souhaitent que les coupables soient jugés fermement… Dans la suite, j’utiliserai “anti-juif”, je trouve que ça convient mieux à l’histoire. Tous semblent donc s’accorder sur le motif du crime. Tous, sauf le nouveau Grand Rabbin de France, plus hésitant tant qu’il ne possède pas assez d’informations.
Néanmoins, pour tout les médias , cela ne fait pas de doute ; si l’on considère la violence avec laquelle il a été lynché, cela ne peut être qu’une agression à caractère anti-juif. Ce qui signifie qu’il existe encore en France des gens prêts à tabasser des juifs. Attention, les juifs ne sont pas les seuls concernés, il suffit juste que l’agresseur soit obnubilé quelque chose de différent qu’il ne comprend pas ou qu’il ne veut pas prendre la peine de comprendre. Et dire que certains croyaient vivre dans le monde des Bisounours…
S’en suivent les interviews rapides des habitants du quartier. Certains sont étonnés et affirment que est toujours très calme, alors que d’autres déclarent au contraire que ça fait des semaines, voire des mois, que les bandes se cherchent et se tapent dessus, et qu’il y a une forte montée du communautarisme. Communautarisme, mot à la mode en ce moment…
Pendant que la justice essaie d’établir ce qui s’est réellement passé, les portails regorgent d’interviews et de théories, et les politiques ne comprennent pas comment tout ceci est arrivé, et encore moins comment éviter que cela se reproduise.
Je pense avoir largué les quelques malheureux lecteurs qui ont essayé de me suivre jusqu’au bout. Je trouvais juste pathétique
- la façon dont la presse traite ce genre d’évènements
- l’attitude des personnages politiques qui font mine de se réveiller une fois que c’est trop tard
- la connerie humaine qui montre que l’Homme est un animal comme les autres, voire plus que les autres
Au final, était-ce un règlement de comptes, le fruit du hasard, un peu des deux ? L’intolérance était-elle le motif principal ? Après la quantité de brèves qui ont déferlé sur les sites, on devrait commencer à y voir clair. Et comment se porte la victime ? Un peu mieux à ce qu’il paraît. Une dernière pour la fin : un journaliste pour la presse écrite doit rapporter les brèves de l’AFP pour faire du vent ou doit faire un travail de fond, quitte à écrire légèrement moins ? J’ai ma petite idée sur cette réponse, mais je me trompe peut-être.
Si jamais vous avez quelque chose à ajouter, ou même envie de me dire d’arrêter de délirer, n’hésitez pas…
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